

Le Frioul, port de haute mer battu de sel et d’absence, sous les vents furieux qui hurlent leur impatience, les quais tremblent encore, blessés de mille tempêtes et les amarres chantent leur fatigue inquiète.
Les navettes se taisent, Marseille est devenue lointaine.
Il respire seul dans une solitude souveraine.
Les bateaux veillent sans veilleur, livrés au gris du ciel, le chantier endormi ne répare plus rien de réel.
Un voilier s’est perdu dans les bras de la houle sombre, une passerelle arrachée gît comme une ombre et marcher sur les pannes devient défi au vent, chaque pas arraché au tumulte du moment.
Les mouettes, ailes closes, réfugiées près du hangar, attendront le silence après ce long cauchemar et dans ce chaos rude voir tout semble vaciller, fragile, il tient, mais refuse de plier.

