
Jean-Louis Mattéi
En avril 2025 les curieux qui, parmi nous, suivent les prouesses des cosmologistes et autres astrophysiciens qui scrutent l’univers, se souviennent, peut-être, que le télescope spatial James Webb a observé une jeune galaxie tout juste âgée de 280 millions d’années après le « Big Bang » ! Autrement dit à l’orée de la formation de notre univers ! Comme qui dirait, au regard des 14 milliards d’années de notre monde, quelques secondes après cette détonation monstrueuse qui retentit aux confins des origines supposées.
Pour les croyants qui prétendent connaître le responsable de la création, il y a là de quoi vraiment se réjouir et friser la pâmoison ! Bientôt, à l’allure où les techniques progressent, et si nous sommes capables de poursuivre ce chemin, nos télescopes spatiaux seront en mesure d’observer le départ du premier flash, à cette seconde précise qui suit l’éclair responsable de tout ! Bien sûr, comme d’habitude, les rationalistes souriront en écoutant ceux qui, arrimés quelque part dans la plaine centrale des U.S.A ou postés au bord d’un ruisseau chutant des Appalaches, continueront à penser fermement qu’ils appartiennent à une terre plate comme une tarte aux fraises vieille de quatre à cinq mille ans. Ne riez pas ! Aux Etats-Unis, ceux qui pensent mordicus selon ce mythe sont légion ! Nombre d’autres, sans doute dispersés sur notre planète, les approuvent !
Cependant, contrairement à ceux qui croient à la galette, le télescope James Webb aurait observé la plus jeune galaxie connue. C’est l’hypothèse des astrophysiciens actuels. Peut-être, la première formation galactique ?. Sait-on jamais ? Elle fut baptisée MoM-z-14.
Pourquoi MoM ? J’imagine que l’un ou l’autre des baptiseurs n’en croyait pas ses yeux quand il repéra sur son écran le dessin de cet amas d’étoiles et d’astres divers ! On le sait : les chercheurs sont sceptiques. Ils doutent. Ils conjecturent. Ils présument. Ils pressentent. Ils flairent…mais ils ont du mal à affirmer péremptoirement ! Attitude qui est tout à leur honneur ! Donc ils baptisèrent la plus jeune demoiselle connue de notre immense univers : MoM-z-14.
MoM pour Mirage or Miracle. Ce qui nous en dit long sur l’étonnement de ces braves gars qui scrutent le ciel. Sur leur surprise. Sur leur éblouissement sceptique. Sur leur émerveillement perplexe. S’agitait-il d’un ravissement ? D’un mirage ? D’une vue totalement imaginaire ? Ou bien le télescope avait-il réellement observé une vraie galaxie, en chair et en os, si j’ose dire ?
Un Mirage ou un Mirale ? Le doute persistait ! On subodore le scepticisme. L’incrédulité. Fallait-il croire ce que le télescope transmettait ? Et si quelque diable malfaisant, quelque lutin rusé, quelque démon pervers ou quelque poussière inopportune s’était brutalement mêlé de l’affaire, avait intercepté l’info, avait fait écran ? On imagine la fébrilité des découvreurs. Leurs sueurs. Leurs inquiétudes. On imagine la tension, les pressions, les raideurs, les résistances. Et si tout cela n’était que balivernes ? Sornettes ? Sottises ? Calembredaines ? Niaiseries ? Oui niaiseries offertes aux éclats de rire des promoteurs qui veulent ignorer la science et lui préfèrent la fortune bâtie sur le commerce des grattes ciels qui s’élèvent dans le golfe persique et bientôt à Gaza.
Ceci dit, puisque cette jeune galaxie fut baptisée MoM, je proposerais volontiers aux examinateurs attentifs de l’univers, une référence poétique : celle de cette chanson écrite par Léo Ferré nommée : « Jolie môme ».
Elle débutait ainsi : T’es toute nue sous ton pull //Y a la rue qu’est maboule, jolie môme//T’as ton cœur à ton cou//Et l’bonheur par en d’ssous, jolie môme//T’as l’Rimmel qui fout l’camp//C’est l’dégel des amants, jolie môme…etc.
Avouez que cela aurait de la gueule une galaxie baptisée : Jolie môme ! Peut-être que les poètes et les musiciens se mettraient à arpenter, à leur tour, l’univers immense qui nous tient lieu de toison ? Et qui sait ; peut-être découvraient-ils quelques galaxies encore inavouées, planquées dans un virage éblouissant d’azur ?
Pourquoi pas ?
J-L M.
