CARACAS SUR HUVEAUNE

Nous commençons la publication, sous la forme d’une feuilleton, d’une enquête parodique du commissaire Barnabé que nous espérons poursuivre jusqu’à son aboutissement dans quelques semaines. J-L Mattei.

1) Le soleil plombait. Pas une mouche. Au loin une cigale s’époumonait en se grattant le bide. Même les gabians d’ordinaire tapageurs se tenaient calmes. Le zodiac de la gendarmerie embrassa le quai avec douceur. L’adjudant Bilou sauta sur le béton une amarre en main qu’il noua rapidement.

-Voilà commissaire vous êtes arrivé.

-OK ! Boys. Je fais rapidement un tour chez notre gus et je vous rejoint. Allez vous en jeter un, à l’ombre en m’entendant.

Les trois zigs qui m’accompagnaient n’attendaient que ça. Ils ne se firent pas priés une seconde de plus. Tous les trois dégoulinant de sueur sous leurs uniformes rejoignirent la terrasse ombragée d’un des bars restaurants qui longeaient le quai.

Nous étions sur les iles du Frioul, au large de Marseille. Deux rochers dessinés à la grecque, découpés à la serpe dans du calcaire gris. Deux iles qui s’allongent au large du Vieux Port. Deux iles abruties de soleil en ce mois de juillet, qui se préparaient à la sieste. Il était 14h30 à ma montre.

J’avais demandé à la gendarmerie de m’accompagner après avoir reçu une info d’un de nos collaborateurs civils. Un gars à la coule depuis que je l’avais sorti de taule. C’est ainsi qu’il gagnait sa vie, en nous informant. Il n’y a pas de sots métiers ! L ‘informateur m’informait (c’est son boulot) de prendre contact avec un gus logé, justement, sur le Frioul. Il créchait dans un studio situé sur les hauteurs, à deux pas d’une fausse chapelle, construite, à la manière grecque comme un temple miniature.

L’adresse sur mon téléphone je sonnais à sa porte. Un crincrin musical qui ressemblait vaguement à du Mozart de pacotille répondit à l’appui de mon index. Puis rien. Que dalle. Nenni point du tout. Je poireautais quelques secondes, répétais mon geste qui resta aussi vain que les recommandations des climatologues qui nous serinent à longueur d’année qu’il faut faire gaffe à nous pollutions carbonées. Je collais une oreille contre la porte en retenant ma respiration. Un léger râle parvenait de la pièce. Un râle qui semblait étouffé, comme bâillonné.

-Bon ! me dis-je dans ma Ford intérieure, Faut sans doute faire quelque chose.

Je poussais, d’un pied prudent, la porte qui baillait et faillis glisser sur un liquide poisseux qui décorait de rouge brun le sol. Une mare de sang épais m’accueillait sans autre façon.

La suite au prochain numéro.

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